Plusieurs dizaines d’AESH du département se sont réuni·es le jeudi 11 décembre pour un stage de formation syndicale à Malakoff, organisé par la FSU 92. Un riche moment de formation et d’échanges autour du statut d’AESH et des revendications que la FSU 92 est déterminée à porter auprès de l’administration.

Lors de ce stage, Yelena Susic, coordinatrice ULIS dans le second degré, et co-secrétaire de la FSU 91 et de la FSU Ile-de-France, intervient au sujet des droits et des revendications. On constate que les droits sont régulièrement bafoués, souvent par manque de connaissance. Le besoin de formation des enseignant·es, dont les directions d’écoles, est impératif, et des écrits sont nécessaires.

Des droits à faire respecter

Quelques exemples, parmi d’autres, pour se faire une idée : OUI, la “salle des maîtres” est aussi la salle des AESH, et devrait à ce titre se nommer la “salle des personnels”, OUI, le temps de trajet des AESH entre deux établissements doit faire partie de l’emploi du temps, OUI, les AESH doivent être invité·es aux ESS (Équipes de Suivi de scolarisation), OUI, il est possible de revendiquer que les ESS ne se déroulent pas sur le temps de la pause méridienne, OUI, les AESH doivent avoir accès au GEVA-sco, qui comporte d’ailleurs une partie que l’AESH peut compléter avec l’enseignant·e, OUI, le projet de scolarisation de l’élève est bien au coeur des missions des AESH…

Des textes officiels cadrent les missions et activités des AESH (Circulaire n° 2017-084 du 3-5-2017) ainsi que leur cadre de gestion (Circulaire n° 2019-090 du 5-6-2019). Se référer à ces textes permet de connaître et de rappeler les droits des agent·es.

 Des missions définies

Véronique Aubigny est AESH dans l’Oise (60), elle a une décharge syndicale dans son département afin d’accompagner les collègues, et également à la FSU-SNUipp nationale. Elle intervient afin de partager ses connaissances sur le métier d’AESH et son expérience de l’engagement militant. Véronique se réfère elle aussi aux textes, qui protègent, mais sont souvent mal connus, par les AESH en premier lieu, mais aussi par l’ensemble des personnels. Une première exigence est celle de l’information : la DSDEN doit communiquer clairement avec les AESH, et doit également former les autres personnels. Les AESH connaissent les missions pour lesquelles elles et ils ont été recruté·es : il ne peut leur être demandé d’autres tâches que celles prévues par les textes. La surveillance des récréations n’incombe pas aux AESH, qui peuvent accompagner un ou des élèves sur ce temps, si le GEVA-sco le précise.

Quelle rémunération en cas de maladie ?

Un des gros problèmes que rencontrent les AESH en cas d’arrêt est la non subrogation à l’employeur. Cela signifie que le salaire n’est pas versé par l’employeur lors d’arrêts de travail, l’AESH perçoit les IJJS (Indemnités Journalières versées par la Sécurité Sociale) : mais le salaire continue cependant d’être versé (car il est programmé à l’avance) et le·la salarié·e devra ensuite rembourser les sommes perçues en trop. Cela est source de nombreuses difficultés financières et de grandes incompréhensions, notamment car l’employeur n’informe pas correctement, mais également car les calculs des trop perçus ne sont pas anticipés, expliqués et accompagnés. Le conseil est toujours de se tourner vers la FSU-SNUipp afin d’être accompagné·e.

Des revendications

Les missions des AESH sont indispensables à l’école inclusive. Pourtant, onze ans après la création de leur métier, la précarité reste la règle. Les salaires des AESH restent enfermés dans une grille indiciaire trop basse, avec une progression dérisoire. Cette situation maintient des milliers de personnels, majoritairement à temps incomplet imposé, sous le seuil de pauvreté. L’indemnité de fonctions ne remplace en rien une hausse réelle du salaire indiciaire. L’indemnité REP/REP+ concerne les AESH, mais avec des montants largement inférieurs à ceux des autres personnels. La FSU exige une augmentation immédiate de la rémunération, l’alignement des indemnités REP/REP+ et une véritable reconnaissance des missions avec un statut de catégorie B, avec un temps complet fixé à 24 h.

Et maintenant ? La FSU 92 déterminée à faire respecter les droits des AESH et à porter leurs revendications.

Des enseignant·es ont également participé à cette journée de stage, dans le but d’accompagner leurs collègues AESH dans les écoles, en commençant par mieux connaître leurs droits. A l’issue du stage, de nombreux collègues se sont mobilisés le mardi 16 décembre pour demander la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.

Pour porter les revendications des AESH du département et pour s’assurer du respect de leurs droits, la FSU 92 a demandé une audience au Directeur académique : en effet, en tant que supérieur hiérarchique, il est responsable de la santé au travail des AESH, et doit tout mettre en œuvre en matière de prévention notamment. Il doit également faire respecter les textes.

Nous vous tiendrons bien évidemment informer des réponses que nous obtiendrons dans un prochain article.